Disclaimer : cet article est tiré d’un futur manuel sur le recrutement IT.

Nous avons eu l’opportunité chez HireSweet d’échanger avec plus de 700 start-ups et de rencontrer CEO, CTO, COO, RH, et autres recruteurs. Il est temps pour nous de partager nos enseignements.
Ce guide sera collaboratif pour continuer de récolter vos conseils, méthodes et autres astuces qui vous ont aidés un jour à recruter les meilleurs profils pour votre équipe tech. Si vous souhaitez le consulter, le commenter et y contribuer à votre manière : renseignez votre adresse mail à la fin de cet article nous vous le partagerons aussitôt finalisé.


Portrait robot

Le développeur est souvent l’objet de représentations stéréotypées. Cette vision fantasmée issue de l’univers geek oscille entre la figure du hackeur socialement marginal et celle du génie de la Silicon Valley.

Nous publiions il y a peu un article dédié au sourcing de développeurs, mais avant tout : qui sont-ils ? Nous avons épluché les études menées par CodinGame et StackOverflow pour mieux comprendre la réalité derrière ce profil.

Les deux enquêtes Codingame (2017) et StackOverflow (2018), servent donc de base à ce rapide portrait du développeur, avec respectivement 2465 répondants (France) et 101 592 répondants (monde). À noter : on constate très peu de différences France et l’international dans les chiffres présentés.

Les développeurs sont donc majoritairement

  • De jeunes hommes : sans surprise, la population des développeurs répondants est disproportionnellement masculine (environ 92% dans les deux enquêtes) âgée principalement entre 25 et 35 ans et encore sans enfants (à 70%).
  • Diplômés : Les ⅔ ont un diplôme de Bac + 5 en France, et de Bac + 3 dans le reste du monde, même s’il n’est pas rare de voir un développeur professionnel qui n’a pas poursuivi de formation jusqu’à son terme.
  • Employés : plus de 80 % sont employés à temps plein (et — contrairement aux idées reçues — se lèvent tôt le matin : avant 8h00).
  • Curieux et proactifs : 63% d’entre eux ont commencé à s’intéresser au code en autodidactes, un pourcentage qui tend à se réduire avec l’adaptation croissante de l’offre de formation dédiées. Ce trait renseigne toutefois sur la curiosité et la passion nécessaires à l’activité : “L’apprentissage doit nécessairement être actualisé, les composants logiciels devenant rapidement obsolètes, les compétences qui leur sont associées le deviennent également. Les communautés agissent donc comme un dispositif de formation continue pour ces développeurs. Il se crée ainsi des réseaux relativement denses de coopération.” ¹

Par conséquent 90% disent s’auto former à de nouveaux langages et frameworks et plus de 56% contribuent à des projets open-source. Très présents sur Github et StackOverflow, 30% déclarent y aller tous les jours, 40% y contribuent au moins une fois par mois.

Cette curiosité se révèle également dans ce qui motive leurs changements de postes fréquents (environ 35 % ont changé de poste dans l’année écoulée, 50% depuis 2 ans) et le type d’environnement de travail qu’ils préfèrent.

Facteurs d’épanouissement

  • PME mon amour : Les développeurs entrent très majoritairement dans la profession par le biais des Entreprises de Services Numériques, mais s’y estiment peu épanouis. 40 % travaillent dans des structures de 10 à 249 salariés et 9% dans des TPE (0 à 9 salariés). C’est au sein des TPE dans le domaine des technologies que le niveau d’épanouissement des développeurs est d’ailleurs le meilleur.
  • Cette tendance à préférer les petites structures s’explique notamment (environnement souple, projet innovant) par le premier levier de motivation déclaré : la perspective d’apprendre de nouvelles choses,avec en tête des domaines pour 2018, le Machine learning (53%), ainsi qu’une attirance pour l’entrepreneuriat (près de 26% se voient fonder ou co-fonder leur entreprise). Le salaire n’est d’ailleurs pas considéré comme étant la motivation principale des meilleurs développeurs: «la réussite économique n’est qu’une conséquence indirecte mais bienvenue» de leur activité.²

D’un portrait axant sur l’homogénéité il ne faudra pas négliger les différences de profils en fonction des types de formation (entre un développeur au profil ingénieur ou issu d’une école spécialisée dans le code), retenir la curiosité et la formation continue, et s’interroger sur la si faible féminisation du métier (pourtant les femmes sont 17% à suivre des formations en informatique). Affaire à suivre…

1. Vicente, Michaël, « Les parcours des développeurs de logiciels libres : vecteur de diffusion d’une innovation sociale », Sociologies pratiques 2015/2 (n° 31), p. 55–64.
2. Lallement, Michel, L’âge du faire. Hacking, travail, anarchie, Le Seuil, (2015).